LE JU-JITSU EN HAUTE SAVOIE
C'est quoi le ju-jitsu ?

Le JUJITSU est un art martial élaboré au Japon à l'époque féodale. Son Historique est relativement difficile à établir. En effet, outre son ancienneté, les nombreuses écoles (RYU) qui enseignaient cet art, conservaient précieusement leurs techniques secrètes.
A cette époque, le combat à mains nues était l'apanage des paysans qui n'étaient pas autorisés à posséder des armes. Pourtant, c'est la caste des samouraïs qui développa le JUJITSU. Pour ces guerriers, le bushido (code moral) imposait l'égalité des armes entre deux combattants. Ainsi, si un guerrier se trouvait désarmé pendant le combat, son adversaire se devait d'abandonner son arme. C'est pour pouvoir combattre à mains nues et ne pas se trouver faillible que les samouraïs développèrent ces techniques efficaces de combat à mains nues.

Créé à l’origine par les Samouraïs japonais à partir de plusieurs techniques de combat de l’époque (16ème siècle), le ju-jitsu est l’art de défense par excellence contre les ennemis armés ou non.
En effet, les Samouraïs pratiquaient ce véritable art de guerre lorsqu’ils tombaient de cheval et étaient désarmé. Ils savaient maîtriser leurs adversaires après atémis (coup) et projection ou amenées au sol.
Le ju-jitsu (européen), jiu-jutsu (brésilien), ou ju-jutsu (japonais) est riche par sa variété de techniques, clefs sur les articulations, étranglements, frappe et percussions, esquives, projections et soumission au sol.
Sont issus du ju-jitsu, le karaté-do en 1924 par M° Funakoshi Ginshin, l’aïkido par M° Morihei Ueshiba en 1925 et le judo en 1882 par Jigoro Kano.
Aujourd’hui, il existe différentes écoles de ju-jitsu, la FFJDA (fédération délégataire) en propose une avec le choix de compétition ou non. Les compétitions techniques (duo-system) sont ouvertes à partir de benjamin ceinture verte et les compétitions combat (fighting system) à partir de junior ceinture marron. La non compétition se traduit par la self-défense.

Les techniques du JUJITSU créées à une époque où le combat, réalité quotidienne, enseignait l'art de survivre, sont codifiées. Les BUSHI (guerriers et SAMOURAI), souvent des maîtres de renom, ouvrent des écoles : les RYU.
Les premiers RYU naquirent durant le Japon médiéval, vraisemblablement au XVème siècle . Issu de ces RYU, l'art des BUSHI (guerriers) allait progressivement trouver sa forme définitive. Cependant, ce ne fut qu'au début du XVIIème siècle que le nom de JU-JUTSU apparut fréquemment à la place de l'appellation KUMI-UCHI.
Le JUJITSU, ou " art de la souplesse ", est ainsi l'héritier, à la fois d'un code moral chevaleresque très strict et de techniques de combat éprouvées. Synthétisant en une même technique l'ensemble des coups (atemi waza), des projections (nage waza) et des contrôles (katame waza), il permet de maîtriser tous les aspects du combat en corps à corps.

LEJUJITSU.NET : Le jujitsu est un art long d'apprentissage. Combien de temps faudra-t-il à un élève, en moyenne, pour savoir se défendre ?
Guy Mennereau : Cette question que les élèves et lesjournalistes nous posent tout le temps n'a pas de réponse mathématique.Une personne peut avoir pratiqué le jujitsu pendant 15 ans sans savoir se défendre. Certaines personnes sont de redoutables bagarreurs et n'ont jamais pratiqué le moindre sport de combat ou art martial.
Savoir se défendre contre une gifle d'un automobiliste énervé n'a rien avoir savoir se défendre contre un agresseur qui vous balance un déluge de coups ou un fou furieux armé d'un couteau.
Un judoka de 80 kilos habitué à la compétition aura plus de chance de s'en sortir qu'une jeune fille de 50 kilos pratiquant le jujitsu.
Eugène Domagata : Trop de paramètres - entre autres capacités de compréhension, d’analyse, de restitution, les facultés d’adaptation, les critères physiques (âge etc…) et physiologiques - différents d’un pratiquant à l’autre et propres à chacun d’entre nous entrent en jeu pour répondre raisonnablement en terme de temps précis.
Ce qui peut être dit en revanche, c’est que savoir se défendre, maîtriser des techniques efficaces pour se sortir de situations d’affrontement dans le cadre d’agressions simples est relativement facile avec un professeur compétent qui a travaillé sur cette facette utilitaire.
Illustration : les professions particulières qui assurent la formation de leurs personnels pour ce type de situation avec des techniques et des comportements tactiques issus du patrimoine technique et tactique du jujitsu rendent opérationnels très rapidement leurs personnels.
Bertrand Amoussou : Que veut dire savoir se défendre ? contre qui ? contre quoi ? Ce n’est pas une question qui se pose en nombre d’année. Trop de paramètres entrent en ligne de compte.

Le Jujitsu
Le caractère Ju que l'on retrouve dans Ju-jutsu et dans Judo est un caractère japonais issu du chinois classique. Ce caractère signifiait à l'origine, jeune plante, jeune pousse et, par extension, flexible, élastique, souple, doux. Ce caractère Ju, illustre bien l'anecdote de la fondation du Yoshin-ryu ju-jutsu, selon laquelle le maître Akiyama Shirobei Yoshitoki eut l'illumination en voyant une branche de saule ployer sous la neige et se redresser.
Le caractère Jutsu représente, quant à lui, l'ancien caractère chinois Shu (que l'on retrouve dans Wushu - Art Martial Chinois), signifiant habileté technique.
Littéralement en chinois, Jeou Shu, ou Ju-jutsu en japonais. L'art de la souplesse, ou la pratique qui consiste à ployer pour mieux se redresser. Mais en japonais, le caractère Ju se prononce "Djiou", tandis que Jutsu se prononce "Djioutsou". D'où l'erreur des traductions en langue occidentale, utilisant une transcription littéralement phonétique et donnant naissance au "Jiu-Jitsu,...". En restant logique, on aurait également du écrire "Jiudo". La transcription correcte est donc bien "JU-JUTSU".
Le Ju-jutsu traditionnel est un koryu, c'est-à-dire un ancien style d'arts martiaux japonais, de même que le Ken-jutsu, le Bo-jutsu, le Yari-jutsu,... par opposition aux arts martiaux dits "modernes", tels que l'Aïki-do, le Judo, le Karaté.
• HISTOIRE DU JUJITSU
Le jujitsu, "technique de la souplesse" est l'un des plus vieux arts martiaux japonais. Son but est d'acquérir des automatismes de défense, grâce aux esquives, parades et ripostes. Son origine lointaine est difficile à situer et son histoire reste vague, en raison de la tradition orale, et des rares makimonos ( parchemins) retrouvés et déchiffrés. les nombreuses écoles (RYU) qui enseignaient cet art, conservaient précieusement leurs techniques secrètes.
A l'époque féodale, le combat à mains nues était l'apanage des paysans qui n'étaient pas autorisés à posséder des armes. Ce sont pourtant les samouraïs qui développèrent le Ju-Jitsu, car désireux de suivre le Bushido ( code moral ). Ce dernier impose l'égalité des armes entre combattants. Ainsi, pour pouvoir combattre mains nues, les samouraïs développèrent ces techniques efficaces. Mais à l'origine, il s'agissait d'une forme de combat assez fruste, le bu-jutsu (technique de guerre) qui devait s'affiner et se diversifier au fil des siècles en profitant de l'expérience acquise à l'occasion des combats.
C'est ainsi que s'est élaboré et codifié progressivement le bugei (méthode de combat), et que sont apparues, les premiers ryus avec chacuns leurs orientations et leurs particularités.
Voici quelques uns des RYU célèbres:
| YAWARA JITSU | TAI JITSU | SHI NO SHINDO RYU |
| WA JITSU | TORITE | MIURA RYU |
| KOGUSOKU | KEMPO | SOSKINSHITSU RYU |
| HAKUDA | KUMI UCHI TATSUMI | HOZAN RYU |
| SHUBAKU | KOSHI NO WAKARI | GENKAI RYU |
| TENSHIN SHINYO RYU | KITO RYU | YAGYU SHINGAKE RYU |
| KUSHIN RYU | TAKENOUCHI RYU | JUKISHIN RYU |
| DAITO RYU | HAKUTSU RYU | KITO RYU |
| YOSHIN RY | U SHIBUKAWA RYU |
A partir du 17ème siècle, le combat à mains nues devient un réel moyen d'autodéfense qu'on appelle ju-jitsu, art de frapper, étrangler et luxer les articulations. On compte alors plus de 100 écoles qui se spécialisent chacune par des approches différentes de la technique vers des formes de défense spécifiques.
La création de multiples écoles a eu pour effet une diversification des techniques. Toutefois, elle n'a jamais porté atteinte à l'aspect interne de la discipline, duquel résulte l'efficacité véritable du pratiquant. Quelle que soit l'école à laquelle ils appartiennent, les combattants sont tous animés de la même force spirituelle (Shin) qui seule permet de maîtriser totalement le corps en vue d'une finalité déterminée.
Mais les interférences entre écoles ont eu par la suite un effet inverse : les différentes écoles ont perdu leur originalité, chacune cherchant à juxtaposer les techniques de l'autre sans qu'il y ait toujours un fondement ou une motivation personnelle.
Face à la restauration impériale, le jujitsu tombe dans un désintérêt général, en raison de son inefficacité relative, comparée à celle des arts modernes.
En 1906, l'ouverture d'une école de JU-JITSU sur les Champs-Elysées fondée par Ernest Régnier répond à l'attente de tout un public " fasciné " par cette mystérieuse discipline venue d'Orient. Il donne ainsi au JU-JITSU une popularité particulière mais de courte durée. En effet, après avoir relevé avec succès bon nombre de défis, il est vaincu par un lutteur russe de plus de 100 kilos. Le JU-JITSU ne fait alors plus parler de lui. Il faut attendre l'arrivée d'un japonais compétant , Maître KAWASHI, empreint, lui aussi, d'une forte personnalité doublée d'une finesse d'esprit remarquable.
C'est avant la seconde guerre mondiale qu'il donne au JU-JITSU et au JUDO un nouvel élan en inventant notamment les ceintures de couleur, et en créant une technique s'adaptant parfaitement à notre esprit. Le JUDO amorce alors son développement en France.
• LE JUJITSU ET LE ZEN
Le JU-JITSU fut enseigné dans les dojo, surtout implantés dans les temples. Les Arts Martiaux étaient donc étroitement liés au BOUDDHISME issu de l'Inde et introduit au Japon par la Chine.
Le mot DOJO est d'origine bouddhiste ; il est formé de "JO" ("l'enclos intérieur du temple") et du mot "DO", ("la voie") que l'on retrouve constamment dans le langage des Arts Martiaux Japonais.
Une des branches du Bouddhisme, le ZEN, prit de l'essor et imprégna l'âme des "SAMOURAI". Ce point particulier n'est pas sans rappeler le rôle important joué à la même époque par le Christianisme lié à la Chevalerie européenne.
L'histoire des Arts Martiaux, en particulier du JU-JITSU, ne peut donc être évoquée sans faire référence au ZEN (abréviation de ZENNA) : « méditation ou contemplation ».
Grâce aux écrits, entre autres, du moine TAISEN DESHIMARU (1914-1982) auteur de ZEN et ARTS MARTIAUX, il est possible de mieux comprendre le cheminement.
Le ZEN remonte à l'expérience du Bouddha SAKYAMUNI qui réalisa l'éveil de la posture ZAZEN (assis en tailleur ou bien à genoux pieds en extension), en Inde au VIème siècle avant J.C.
Cette expérience s'est depuis transmise de façon ininterrompue, de maître à disciple formant ainsi la lignée du ZEN. Après une implantation de près de mille ans en Inde, cet enseignement fût apporté en Chine au VIème siècle après J.C. par le moine BODHIDHARMA 28ème patriarche. Le ZEN sous le nom de CH'AN est une école du "grand véhicule" Bouddhiste qui recommande la concentration et l'apaisement de la conscience humaine, liés à l'action intérieure.
Le ZEN connut alors un grand épanouissement dans ce pays, y trouvant un terrain favorable à son développement.
• CONCLUSION :
Le ju-jitsu, ou " art de la souplesse ", est ainsi l'héritier, à la fois d'un code moral chevaleresque très strict et de techniques de combat éprouvées.
Fin XIX le judo apparaît et milieu du XXème c’est l’aïkido et le karaté qui sont révélés. (aïkido :1931 - judo : 1882 - karaté : 1936)
Le jujitsu traditionnel tourne autour de :
- l'entraînement a lieu dans une atmosphère de respect et de courtoisie;
- le type de vêtement porté "dogi", est le plus souvent blanc, ou le traditionnel bleu du keikogi.
- l'étude du ju-jutsu s'apprend par observation et imitation des katas;
- la force ne s'oppose jamais directement à la force.
"le JU-JITSU est une méthode d'éducation physique par excellence mais aussi une école morale, inspirée par la supériorité et la précision des méthodes sportives japonaises. Le JU-JITSU combat la force brutale par les lois de la mécanique rationnelle, opposant la technique à la force sauvage par sa méthode logique basée sur le minimum d'effort pour un maximum d'efficacité."
Maître KANO préface le premier ouvrage officiel écrit en Français sur le JU-JITSU:" Manuel Pratique du JIU-JITSU".